12 avril 2008
« L'éducation, les services publics, les OGM, le président du Sénat... faut arrêter là les mecs, j'ai trop mal au cul." Marianne
Une bonne raison pour laquelle je ne mets plus de messages sur ce blog pour le moment: je me fais chier.
C'est les exams, j'en ai un par semaine en ce moment donc je peux rien faire d'autre que réviser et Victoria commence à me saouler un peu. Vous me direz, je ne suis qu'un enfant gâté. Certes.
Mais j'ai pas vraiment l'impression que ma vie de tous les jours en ce moment diffère beaucoup de la vie que je mène habituellement en Europe. Or, je suis pas venu au Canada pour me faire chier; je peux très bien le faire à moindre coût à Paris. J'y arrive généralement très bien d'ailleurs. Mais comme Paris est un peu plus agité, l'ennui est plus subtil. Ici, c'est lourd. Plus de sport, c'est ça la solution. Plus de vélo, plus de marche, plus de longboard, plus de natation. Pas difficile de savoir pourquoi les sportifs de haut niveau sont en bonne santé; faire du sport ça empêche de réfléchir. On n'est jamais complètement heureux à force de trop vouloir réfléchir et vouloir tout savoir. Ce qui me permet d'enchaîner sur ma découverte du moment.
J'ai découvert l'axiome le plus paradoxale mais de toute évidence aux fondements de la dégénérescence de la pensée occidentale: plus on en sait, moins on en sait. Vous me direz, j'ai découvert l'eau chaude. C'est shadokique à l'extrême, mais quand on y réfléchis, rien de plus vrai. Parce que plus on en sait, moins on est certain de rien.
Paradoxalement, à chaque découverte (scientifique par exemple), on découvre en même temps de nouvelles ères de connaissance encore vierge jusqu'ici non imaginées. Chaque découverte repousse un peu plus loin les limites de l'inconnu. Par conséquent, si à force de découvertes l'esprit connaît empiriquement plus de choses, il en connait moins comparativement. Or, le contexte est la chose sans doute la plus importante car il définit ce qu'il contient en grande partie. En gros, l'aire de connaissance rétrécit chaque fois un peu plus par rapport à l'aire d'inconnus. Pas étonnant qu'un des messages de la chrétienté soit "heureux les simples" (de coeur ou d'esprit, comme vous l'entendez, ça revient au même au final). A vous d'en tirer les conclusions qui s'imposent.
En gros, je suis condamné à m'enfoncer dans l'ignorance la plus profonde jusqu'à la fin de ma vie. C'est super l'auto-destruction; c'est sans doute la seule chose (avec l'alcool) capable de vous donner ce sentiment enflé de self-estime si caractéristique à notre monde occidental contemporain. Il est bon de savoir que personne ne pourra jamais vous détruire puisque vous vous en chargez vous-même.
Plus sage maintenant, je suis en train de lire "The Tao of Pooh" (Le Tao de Winnie l'Ourson) de Benjamin Hoff .
C'est excellent, apaisant, un vrai bain de simplicité intellectuelle. Parfois un peu trop simple, mais quel bonheur. Ca change un peu de la masturbation intellectuelle propre à la philosophie en générale. Je me garderai bien de mettre tous les philosophes dans le même panier cependant.
Petit passage de sagesse: "By the way, Pooh, how do you spell Tuesday?"
"Spell what?" asked Pooh.
"Tuesday. You know - Monday, Tuesday..."."
"My dear Pooh," said Owl, "everybody knows that it's spelled with a Two."
"Is it?" asked Pooh.
"Of course," said Owl. "After all, it's the second day of the week."
"Oh, is that the way it works?" asked Pooh.
"All right, Owl," I said. "Then what comes after Twosday?"
"Thirdsday," said Owl.
"Owl, you're just confusing things," I said.
"This is the day after Tuesday, and it's not Thirds - I mean, Thursday."
"Then what is it?" asked Owl.
It's Today!" squeaked Piglet.
"My favorite day," said Pooh.
Ou encore un autre, cette fois-ci du poète chinois Han-shan, mais étrangement similaire à Winnie quelquepart:
A scholar named Wang
Laughed at my poems.
The accent are wrong,
He said,
Too many beats;
The meter is poor,
The wording impulsive.
I laugh at his poems,
As he laughs at mine.
They read like
The words of a blind man
Describing the sun.
Traductions dans les commentaires.
La lassitude est temporaire le temps des exams, ça ira mieux après. Mais en attendant je m'ennui sec. L'été devrait être un peu plus funky. Pour finir sur une note un peu plus funny, un peu d'esprit 70's.
















